La littérature japonaise
Grâce au manga et à l’essor d’Internet, la France s’est massivement ouverte à la culture japonaise. Les jeunes s’intéressent désormais à l’Archipel, à sa langue, à sa culture et à son histoire. La littérature tient une place essentielle dans cette découverte d’un tout autre univers situé à l’autre bout du monde. Cependant, réduire la littérature japonaise aux seuls mangas serait aussi faux que de réduire notre culture française à Tintin (qui, en plus, est belge !).
Cette bibliographie se veut un très court tour d’horizon des œuvres littéraires japonaises, anciennes ou modernes, qui ont été traduites et que l’on peut aujourd’hui trouver dans nos librairies.
Le roman est un genre très ancien au Japon. Deux des textes que nous avons choisis ont chacun près de mille ans et la particularité d’avoir été écrits par des femmes de la haute société, fréquentant toutes deux la Cour de l’empereur durant l‘époque de Heian (794 - 1185, ère de l‘apogée culturelle de la cour impériale japonaise). Elles sont considérées comme les premières femmes de lettres de l’histoire du Japon.
Composé d’une succession d’historiettes et de notes prises sur le vif, Les notes de chevet est une œuvre majeure de la littérature japonaise.
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Le dit du Genji, quant à lui, raconte l’histoire d’un fils d’empereur, beau et lettré, qui ne peut prétendre au trône. Ce roman, considéré comme le premier roman psychologique du monde, se présente comme une histoire véridique. Cette œuvre a été superbement illustrée : à défaut de la lire, il faut au moins la voir. |
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La littérature japonaise se divise en trois périodes : la période ancienne, la période médiévale et la période moderne. Nous avons sélectionné les romans les plus connus, indépendamment de leur période, ce qui explique un tel décalage temporel entre les œuvres choisies.
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La Tombe des lucioles raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur qui vagabondent dans l’enfer des incendies tandis que la seconde guerre mondiale ravage toujours leur pays. Ce roman, publié pour la première fois en 1967, a été adapté en film d’animation par Isao Takahata du célèbre studio Ghibli - Le Tombeau des lucioles (1988). |
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Au début du XXème siècle, un jeune professeur recueille un chat. Ce matou, observateur et plein d‘esprit, va se faire le chroniqueur de la vie de son maître et de tous les hurluberlus qui l’entourent. Ce roman, paru à l’origine sous forme de feuilleton de 1905 à 1906, est un classique de la littérature japonaise. |
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Pays de neige est le premier roman de Kawabata. Selon notre source, c’est un roman très poétique qui raconte l’histoire d’un jeune tokyoïte venu dans le pays de neige pour rechercher une geisha, Yôko. Yasunari Kawabata est le premier écrivain japonais à avoir reçu le prix Nobel, en 1968. Ce roman a été publié une première fois en 1935 et a été plusieurs fois modifié par son auteur, avant que ne soit publiée sa version définitive en 1947. |
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Certains romans ont été choisis en fonction de nos goûts et lectures personnels. Il n’est pas facile de faire un choix, d’autant que de plus en plus de romans japonais sont traduits chaque année. Nous nous sommes concentrées sur ceux que nous avons préférés, ou qui nous ont le plus marquées.
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L’histoire cruelle et touchante de deux hommes, deux amis, qui ont commencé leur vie en étant abandonnés dans des consignes de gares. Ce roman est une des œuvres majeures de Murakami Ryû et sans doute son meilleur roman. |
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Kirino Natsuo est une femme écrivain et un des maîtres japonais du roman noir. Primée en 1999, ses romans l’ont fait remarquer comme un des talents les plus prometteurs de sa génération. Monstrueux est son tout dernier livre paru en France. Nous l’avons sélectionné pour sa nouveauté, car il est difficile de choisir un seul ouvrage d’un auteur qui semble faire l’unanimité. |
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De la simple narration d’une péripétie à une histoire à chute, la nouvelle couvre un vaste domaine où tous les genres se mêlent. Ce genre littéraire n’est apparu au Japon qu’après l’ouverture du pays au reste du monde, et il faut avouer que les nouvelles nippones n’ont pas de spécificité particulière, en dehors de leur pays d’origine, cependant des récits courts sont une bonne façon de découvrir une littérature étrangère et c’est pourquoi il nous a semblé pertinent de présenter ici quelques recueils.
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Ces textes, rédigés entre 1937 et 1953, sont connus pour leur beauté soutenue, leur mystère, leur mélancolie et, toujours, leur vision aiguë d’un monde à la sérénité trompeuse. Les critiques flatteuses que nous avons entendues sur cet ouvrage nous ont convaincues qu’il avait sa place ici. Ce recueil nous a été conseillé par une étudiante en japonais. |
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A travers deux récits, Yôko Ogawa décrit avec subtilité la puissance de l’inconscient, où la mémoire se mêle à l’imaginaire. Dans cet univers envoûtant et mélancolique, elle met en scène des personnages attachants, dont les nostalgies se répondent en révélant d’intimes et douloureuses blessures. Ce mince recueil est un beau voyage et un bon moyen de découvrir cet écrivain à succès. |
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Unique ouvrage de l’auteur à avoir été traduit en français, ce recueil met en scène toutes les variétés de fantômes dans un savoureux mélange de magie, de poésie et de réalité. Plus que des nouvelles, ces récits sont de véritables contes. Ueda Akinari fait ainsi revivre d’un seul coup l’univers familier et enchanté des Japonais d’autrefois. Ce recueil, commencé en 1768, a été publié pour la première fois en 1776. |
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Des calambours comiques aux envolées lyriques des tragédies, le théâtre est un véritable art de mise en scène des mots où le Japon a su s’illustrer, développant ses propres caractéristiques. Certaines formes du théâtre japonais sont particulièrement connues, comme le kabuki.
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Chikamatsu Monzaemon (1653-1724) est un des grands maîtres du kabuki, forme épique du théâtre japonais traditionnel. Très peu connu en France, quelques unes de ses œuvres ont toutefois été traduites. |
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Yukio Mishima est un romancier connu et reconnu, toutefois, ses romans étant difficiles à lire, nous avons préféré nous concentrer sur une partie plus discrète de son œuvre : ses pièces de théâtre. Pour cette raison nous avons sélectionné certaines de ses pièces les plus connues.
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Madame de Sade demanda le divorce quand le Divin Marquis sortit de prison. Pour Mishima, l’écriture de cette pièce part d’un mystère : comment la marquise, fidèle à son mari pendant ses longs emprisonnements, a-t-elle pu l’abandonner au moment où il retrouvait enfin sa liberté. Dans un salon du XVIIIème siècle, six femmes attendent le retour du marquis. « Il est peut-être singulier qu’un Japonais ait écrit une pièce sur un argument français », admet l’auteur. C’est justement pour ça que nous avons choisi cette pièce, pour son rapport avec notre propre culture. |
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L’Arbre des tropiques est la seule pièce à laquelle Mishima ait donné le nom de tragédie. C’est également, avec Madame de Sade, une de ses pièces les plus faciles à trouver en français.
Depuis sa création en 1967, cette pièce a été jouée plusieurs fois au Japon ainsi que dans divers pays étrangers, notamment aux Etats-Unis et en France (Théâtre Renaud-Barrault, 1981). Elle raconte l’histoire d’un homme qui reçoit un jour une visite surprenante, celle d’une famille au grand complet qui décide de s’installer chez lui.
La création poétique est très ancienne au Japon. Les premières compilations y sont apparues dès le VIIIème siècle. La poésie japonaise a des formes variées, la plus connue étant le haïku - une forme très codifiée, à forte composante symbolique et dont la paternité est attribuée au poète Matsuo Bashô (1643 - 1694). Les haïkus ne se contentent pas de l’esthétisme mais deviennent un habile travail des formes: leur brièveté impose une sélection des mots afin de mieux faire ressortir la beauté de l’idée ou du paysage évoqué.
Il est très difficile de traduire un poème dans une langue étrangère, mais les œuvres des plus grands ont été traduites en français. Les recueils de haïkus sont les plus faciles à trouver par conséquent, c’est sur eux que nous nous sommes concentrées.
« Paix du vieil étang.
Une grenouille plonge.
Bruit de l’eau. »
(Matsuo Bashô)
Bashô, de son vrai nom Matsuo Munefusa, est le premier grand maître du haïku et sans aucun doute le plus célèbre dans son pays où il reste littéralement vénéré. Il a vécu au XVIIe siècle et est considéré comme le père des haïkus.
Ce livre met en regard le poème et l’image. Richard Fasseur est photographe, ses photos viennent illustrer des vers célèbres.
« Herbes de l’été.
Des valeureux guerriers
La trace d’un songe. »
(Matsuo Bashô)
Depuis quelques années, les mangas prennent de plus en plus de place sur les étagères des librairies et les catalogues des éditeurs ne cessent de croître. Ce succès a attisé la curiosité des lecteurs qui se sont tournés vers une littérature plus générale. Les mangas nous présentent des bases de la culture et de la littérature japonaise, c’est pourquoi nous avons pensé que le genre avait sa place dans cette bibliographie. Ne pouvant toutefois pas faire une bibliographie exhaustive, nous n’avons sélectionné que des titres que nous avons lus et aimés.
Please save my earth, aussi connu sous le titre Réincarnation, reprend la thématique bouddhique de la réincarnation en racontant l’histoire de jeunes gens partis en quête de l‘histoire de leur vie antérieure. De la Terre à la lune, il n’y a qu’un pas.
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Helter Skelter est une critique de notre société où le paraître l’emporte sur l’être, où les individus, en l’occurrence un mannequin au sommet de sa gloire, sont « jetables » dès lors qu’ils ne sont plus l’incarnation de la perfection. Arrivée au sommet de sa gloire, Eva ne peut plus que retomber. Son corps a été tellement retouché que ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'il ne la lâche. Cependant elle va refuser de se laisser faire et de disparaître. C'est un manga dur, souvent dérangeant, mais aussi une vision de notre monde où la beauté fait loi et où la surconsommation règne. |
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Kenshin le vagabond est un manga historique qui ne prétend pas présenter les faits comme véridique, mais permet de se placer dans un temps et un contexte particulièrement intéressant et riche en évènements : la fin du Moyen-Âge au Japon. Il raconte l’histoire d’un ancien assassin poursuivi par son passé et tiraillé entre deux ères. |
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Ce manga se déroule de nos jours et raconte l’histoire de Sumire, jeune femme active et très diplômée qui doit faire face à la mesquinerie et à la jalousie ambiante. Son quotidien va changer le jour où elle recueillera un jeune homme, Takeshi, qu’elle décide d’adopter comme « animal de compagnie ». Et Takeshi devint Momo. Derrière ce parti pris étonnant, se cache une satire sur la place de la femme dans la société japonaise contemporaine.
Il ne s’agit là, bien évidemment, que d’un échantillon d’une très vaste littérature que viennent enrichir de nombreux ouvrages chaque année. Pourtant, malgré ce patrimoine important, elle reste encore très mal et/ou très peu connue en France.
Nous espérons que cette bibliographie vous permettra de vous repérer un mieux dans cet univers où le quotidien côtoie parfois la mythologie, incitant les curieux à pousser davantage leur voyage au sein des textes japonais, quelle que soit la forme sous laquelle ils se présentent.